Baromètre seniors : de grandes attentes et peu d’actions concrètes


Du 18 octobre au 1er novembre 2011, Notretemps.fr a mis en ligne un questionnaire pour tenter d’établir un bilan des politiques concernant l’emploi des seniors.

Plus de 2700 personnes y ont ainsi répondu, permettant aux entreprises France Retraite et Add’If de présenter leurs conclusions de ce premier Baromètre seniors.

 

Que l’on soit du côté de l’entreprise ou de celui des seniors, force est de constater que la situation est bien différente et que chacun a sa propre perception des politiques menées.

Qu’en pensent les seniors ?

Trois points clés se dégagent nettement de cette étude:

  • Une acceptation du recul de l’âge de départ à la retraite

Alors que la moitié des seniors se voyaient partir à la retraite avant 60 ans en 2005, cette proportion est tombée à 25%, signe d’une certaine acceptation des nouveaux dispositifs légaux.

Quand on se penche davantage sur le sujet, on constate toutefois que le flou règne largement sur la nouvelle loi et que plus de 40% des 50-54 ans ne savent toujours pas à quel âge ils pourront partir en retraite.

  • Une profonde insatisfaction

Les deux indicateurs les plus marquants concernent la promotion interne et l’accès à la formation. Les entreprises sont clairement de mauvais élèves en la matière.

Ainsi, près de 70% des personnes interrogées déclarent ne pas avoir de eu de formation depuis plus de 3 ans.

A cela s’ajoute une stagnation professionnelle : 85% des sondés n’ont pas eu de promotion, ni de changement de poste, ou d’affectation sur un projet depuis plus de 3 ans.

Enfin, les seniors sont peu satisfaits de leurs conditions de travail : ils sont 60% à les juger difficiles.

  • Des seniors désillusionnés face aux politiques pour l’emploi des seniors

Le Plan d’Action Senior est entré en vigueur au premier janvier 2010 et est obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés.

Deux ans après, le bilan est sombre du côté des seniors qui sont 83% à déclarer ne pas avoir connaissance d’un Plan d’Action Senior au sein de leur entreprise.

En dehors de mesures de maintien dans l’emploi ou de recrutement, les entreprises s’étaient par la même occasion engagées à anticiper l’évolution de carrière de ses salariés. Ainsi le bilan de carrière avait été rendu obligatoire en 2009 pour les salariés de plus de 45 ans.

Là encore, 80% des sondés affirment ne pas en avoir bénéficié depuis 3 ans. Pire, ceux ayant pu faire le point sur leur carrière déplorent à 65% que les résultats de ce bilan n’aient eu aucun débouché.

Et les DRH ?

On ne peut que constater le fossé entre DRH et salariés. Alors que les seniors sont très sévères envers les politiques menées suite au Plan d’Action Senior,  les DRH en ont une perception assez différente.

Nous avons noté les trois points les plus pertinents dans les propos des DRH:

  • Un sujet intéressant

84% des entreprises considèrent que la retraite est un sujet majeur et plus de 60% pensent que le Plan d’Action Senior aura des conséquences positives pour leur entreprise en termes de dialogue social et d’indicateurs exploitables.

  • Des mesures mises en œuvre

40% des DRH estiment ainsi que la réforme des retraites a obligé à définir une stratégie liée aux seniors.

Enfin, 20% des entreprises désirent aller plus loin, considérant que leur Plan d’Action Senior mis en place n’est pas assez satisfaisant.

  • Un bilan toujours absent

Bien que le plan d’action senior soit entré en vigueur il y a presque deux ans, 60% des entreprises n’ont toujours pas fait de bilan des mesures mises en place en interne !

Ce baromètre nous aura donc permis de mettre en valeurs deux grandes tendances :

  • les seniors sont très loin d’être satisfaits de leur situation au travail et sont déçus par l’absence de mesures mises en place à leur égard. Leurs attentes sont très hautes, et des mesures basiques comme un réel établissement du bilan de carrière pourrait sensiblement faire évoluer leur position.
  • Les entreprises se donnent une image impliquée et motivée par la politique d’emploi des seniors. La plupart semblent donc vouloir continuer dans cette voie et mettre en place des mesures solides.

De grandes attentes d’un côté, de bonnes volontés de l’autre : si peu d’entreprises ont véritablement engagé une politique de recrutement ou de maintien dans l’emploi des seniors, les mentalités semblent évoluer doucement.

Espérons que ce fossé entre seniors et DRH puisse être comblé et que la situation des seniors en entreprise et au chômage s’améliore dans les mois à venir.

 

Sources : www.notretemps.com et www.senioractu.com

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