Les seniors évincés du marché du travail, un mal français ?


 

Le Pôle Emploi et le ministère du travail ont présenté Vendredi les chiffres du chômage pour le mois de Janvier.

Le chômage encore en hausse pour ce début d’année

Le début d’année 2012 s’inscrit donc dans la continuité de l’année 2011, avec une nouvelle hausse de 0.5%, soit 13.400 personnes de plus qu’au mois de Décembre. Le chômage senior est encore, malheureusement, à la une des préoccupations puisqu’il a progressé de 15,2 % depuis Janvier 2011.

Des chiffres qui laissent l’opinion pessimiste, après un mini-sondage réalisé sur notre page Facebook, plus de 80% des sondés considéraient que le chômage des seniors allait encore augmenter durant l’année 2012. Le marché du travail français boude ses seniors en cette période économique difficile.

 

La France en retard sur le taux d’activité des 55-64 ans

Un constat qui contraste avec les réalités de certains de nos pays voisins. L’Allemagne, notamment, par l’intermédiaire de sa ministre du travail, s’est félicitée mardi dernier d’avoir atteint un taux d’activité pour les 55-64 ans de 54% (seulement 39% en France).

Et l’Allemagne n’est pas le seul pays à avoir su dynamiser l’activité des anciens. Par une politique sociale consistant à promouvoir l’emploi des seniors et le vieillissement actif, les pays nordiques ont eux aussi réussi à tirer vers le haut le taux d’activité des seniors. En Finlande, par exemple, ce taux est passé de 35 à 56% entre 1998 et 2009. Conscients de la difficulté devant laquelle allait se trouver le pays pour financer les retraites, les dirigeants ont réuni les partenaires sociaux pour favoriser l’emploi senior, leur redonner un rôle dans la société et prolonger leur modèle de protection sociale.

S’en est suivi une série de mesures, dont la suppression des préretraites et la mise en place de systèmes incitatifs pour les entreprises : un crédit d’impôts est accordé aux entreprises qui emploient des salariés de plus de 54 ans. Dans le même temps, les entreprises qui licencient un employé de plus de 58 ans qui ne retrouvent pas d’emploi dans les deux ans, sont contraintes de financer 50% de ses indemnités de chômage.

Enfin, un changement radical s’est opéré concernant l’âge légal de départ à la retraite, puisqu’au système fixe de départ à 63 ans a succédé un système flexible, entre 63 et 68 ans. La pension est alors soumise à décote si la retraite est prise avant 65 ans, âge à partir duquel elle devient bonifiée.

Bien sûr, il ne s’agit pas ici de faire une nouvelle fois l’éloge de ces pays, mais bien d’en tirer des leçons. Les modèles qui réussissent ne sont pas forcément transposables à la France. Tel celui du Royaume-Uni, qui a fait progresser son taux d’activité des 55-64 ans par une stratégie « libérale » qui consiste à contraindre les seniors à travailler  par une libéralisation du marché du travail.

Un changement de mentalités nécessaire…

La Commission Européenne a réalisé une étude, à l’occasion de l’année du vieillissement actif, qui met en exergue certains points. Tout d’abord, il est à noter que 77% des Français considèrent que les entreprises jouent un rôle négatif concernant les enjeux que représentent une population vieillissante. (La moyenne européenne est à 72%). Le graphique ci-dessous met en avant un autre résultat représentatif sur la vision des seniors dans notre pays.

 

On voit nettement ici que les plus de 55 ans sont assimilés à des retraités pour de nombreux français. Seulement 58% considèrent que les plus de 55 ans apportent une contribution par le travail (la moyenne européenne est à 65%). La statistique s’inverse concernant le bénévolat puisque 70% des français considèrent que les plus de 55 ans contribuent à la société dans ce domaine (contre 58% pour l’UE). Il s’agit donc avant tout d’un problème de préjugés et de conception de la place des seniors seniors dans la société.

Pour que la France atteigne le niveau préconisé par Bruxelles de 50% d’actifs pour la tranche 55-64 ans, il faudrait que les français réalisent que les seniors ne sont pas seulement des consommateurs, mais peuvent aussi être des travailleurs.

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