Compétitivité: pour les PME, « ce n’est pas le choc espéré »


Au lendemain de la remise du rapport Gallois, Jean-Marc Ayrault a levé le voile sur les mesures du gouvernement pour redresser la compétitivité des entreprises françaises. Réaction de Jean-François Roubaud, président de la Confédération Générale des PME.

 

Quel est votre sentiment sur les propositions du gouvernement pour redresser la compétitivité des entreprises ?


Ce n’est pas le choc espéré. D’abord, nous nous attendions à une baisse de charges mais nous n’obtenons qu’un crédit d’impôt. L’effet psychologique n’est pas du tout le même. Ensuite, les précisions sur les modalités d’attribution de ce crédit sont encore floues, et à vrai dire, je redoute une usine à gaz de plus. Enfin, le rapport Gallois préconisait 30 milliards d’euros indexés sur les salaires jusqu’à 3,5 Smic, ce qui était pour nous un minimum. Le gouvernement ne nous en donne que 20 et recule sur l’assiette, qui tombe à 2,5 Smic. C’est déjà bien, mais pas suffisant.

Des points positifs ?

Les points réellement positifs concernent surtout la compétitivité hors-coût. Je suis très satisfait du maintien de dispositifs comme le crédit impôt recherche, l’ISF-PME ou la loi Dutreil pour l’initiative économique, qui ont un impact considérable sur la vie des petites et moyennes entreprises.

Que pensez-vous de la création d’un fonds de 500 millions d’euros destiné aux PME en « difficulté de trésorerie »?

Je ne peux que m’en féliciter, puisque je réclame une telle mesure depuis 6 mois. De nombreuses PME sont aujourd’hui en difficulté car leur clients, sous pression financière, ne sont plus en mesure de respecter les délais de paiement mis en place par la Loi de modernisation de l’économie de 2008. Le montant alloué aux avances de trésorerie promises par le gouvernement, 500 millions d’euros, va permettre aux petites entreprises de souffler provisoirement.

Vous déplorez le manque d’éclaircissement sur l’attribution du crédit d’impôt. Les propositions du gouvernement laissent-elles selon vous d’autres questions en suspens ?

Oui, notamment sur la question du financement de la mesure par une augmentation du taux de TVA intermédiaire, de 7 à 10%. Nous ignorons aujourd’hui l’impact d’une telle mesure sur les secteurs de la restauration et du bâtiment, qui concentrent un grand nombre de PME françaises. Je regrette enfin qu’un débat n’ait pas lieu autour de l’exploitation des gaz de schiste.

 

Source : L’Express

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